MAIS QUI EST LÉON BAUPRAC ?

 

 

 




Léon Bauprac est né en 1712 en Transylvanie occidentale (juste à gauche), d'une mère Cosaque et d'un père charcutier. Très jeune, l'enfant se distingue par ses dons d'agitateur, au point que Madame Bauprac mère lui interdit de lorgner sous les jupes de sa tante, née Jankélébit, dont les jambons et la moule sont des célébrités cantonales. Les études de Léon restent médiocres : il excelle en biochimie orgasmique, en Russe, en polonaises, en mille et une nuits, mais les mathématiques le rebutent. L'obstacle du 70 (à ne pas confondre avec la guerre) crée chez lui un blocage vertical : il restera soixante-neuf mois couché, lisant Sade, Maso de la Roche et la comtesse de Ségur, lectures qui détermineront, plus tard, ses goûts pernicieux pour le rose, le camembert au lait cru et la touffe princière. Entre 1724 et 1744, de nombreux voyages vont permettre à Léon Bauprac de briller tour à tour au Vatican, à Versailles et dans le palais du Maharadjah de Bramafoutre : il est nommé directeur des Gaudrioles, ministre du Membre Médian et, enfin, prince des Cimes, poste qu'il assumera sans mollir jusqu'à la fin de sa vie. C'est d'ailleurs à Brama, le soir, en se purifiant dans les eaux sacrées du Foutre, que ses meilleures nouvelles verront le jour. Citons au passage : "Il est plus gros que tu ne penses", "Mon oiseau se cache pour frémir", "Qu'elle était rose sa vallée", nouvelles qui attesteront aux yeux d'une élite littéraire son génie précoce et rectiligne. La notoriété internationale viendra plus tard, lors de la publication de "Titabit", un roman glacial, au style sobre qui raconte l'aventure d'une jeune flûtiste et d'un stalactite au-dessus de tout soupçon.

On a vainement épilogué sur les divers mariages de Léon Bauprac (avec Zizette, Minette, puis Lucie Ferre et La princesse de Bourremoix, en 1752) sans déterminer avec précision l'influence qu'elles auront sur son oeuvre. Il semblerait plutôt que sa rencontre, au bord du lac Titicaca, avec Moyhanaboufétoua, ait changé le cours de son destin. Cette jeune sénégalaise (elle avait douze ans lorsqu'il la connut), apparentée à l'aristocratie dakartoise, passionnée de Senghor et d'Aimé Césaire, lui plut tout de suite par sa dentition éblouissante et sa connaissance du gland occidental, fruit des chaînes dont ses malheureux ancêtres avaient subi le tourment. C'est elle, sans conteste qui lui inspirera L'Ode à Lisque et le magnifique recueil de poèmes : "Tourne-toi, la vie commence...". Malheureusement cette influence lyrique durera peu. Léon Bauprac, attiré par les charmes de l'Afrique, inscrit au PCF (pêche, chasse et fellation), usé par l'alcool, le café à la menthe et les safaris de moules sauvages, nous livrera ses derniers écrits : pervers, provocateurs, pitoyables, tels que nous pouvons les consulter sur ce site, non sans frémir.

Enterré discrètement au pied du mont des Olives, on peut lire sur sa tombe cette épitaphe célèbre :

"Vivez si m'en croyez, n'attendez pas demain

Broutez, dès aujourd'hui, le gazon de Mamie"

 

 

 Dessin de René Bouschet

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