devantbaise


Devant baise, tout s'apaise

  

 

 

 

Le grand docteur Freudoum, psychiatre de renom
Recevait ce jour-là une catherinette.
Ni vraiment conne, ni trop bête,
Qui se plaignait d’avoir et les jambes de plomb,
Le fion bouché, la cervelle en compote,
Quelques tiraillements du côté de la motte,
L’humeur revêche et des larmes sans nom,
Bref, elle dormait mal, se levait à toute heure,
Rêvassait sottement sur sa motte de beurre,
Et ne comprenait pas l’étrange maladie
Qui la poussait sans appétit
D’ingurgiter force bananes
Tout en adorant les kiwis.
- Vous comprenez, Docteur, jusqu'alors, Dieu me damne,
J’avais tous les fruits en horreur.
Le plus petit navet me donnait mal au coeur,
Mais depuis quelques temps, carottes et concombre,
Jusqu’aux bouteilles de Coca
(Agrémenté de chocolat),
Voire telle aubergine aux belles couleurs sombres,
Tout me sied, tout me plaît, tout m’engraisse à ravir
Sans que j’y trouve du plaisir.

Je vois dit le docteur : vous manquez d’enculade.
Excusez-moi d’être brutal.
Je pourrais vous parler d’un transfert végétal,
D’un surmoi qui bat la chamade
Ou d’un ça qui complote avec le chorizo...
Mais foin, n’ayons pas peur des mots !
Il vous faut une grosse bite au bas du dos.
Un gros phallus qui vous ramone la pastèque,
Un zob qui vous fait voir la Mecque,
Une verge d’acier qui vous troue le caquet,
Bref, un homme viril qui chante vos attraits
Et vous débouche les neurones
Comme personne.

- Mes attraits ? Parlons-en ! Vous avez vu mes fesses ?
Je suis plus plate qu’un comptoir !
Mes seins sont de vagues promesses,
Mon visage un vrai repoussoir.
Qui voudrait seulement m’offrir une braguette,
Une flûte de Pan, voire un roseau pensant ?
Croyez-vous que je sois à ce point insensible
Aux biroutes inextinguibles ?
A ces queues violacées qui vous rentrent dedans
Que c’en est un enchantement ?
Mais même un péquenaud ne veut pas de ma motte !
D’aucuns me traitent de chochotte !
Même les bouseux rient de mes airs languissant !
Qui voudrait me rentrer dedans ?

- Mais moi, dit le docteur Fredoum. L’expérience
Est la panacée de la science.
Ma déontologie m’oblige à vous guérir !
Vous laisser ainsi repartir
L’âme en peine et le coeur en friche ?
Vous laissez croire qu’on se fiche
Ad libitum de vos malheurs ?
De vos sphincters tant de douleur ?
D’un anus délaissé, d’une motte en jachère,
D’une femme qui crie : “Bouffez-moi le derrière” ?
Ne pas porter secours à personne en danger
Alors que mon devoir est de vous soulager ?
Quittez-moi ces habits, ôtez votre culotte,
Gardez vos escarpins pour ne pas prendre froid.
Voilà, c’est bien, marchez, marchez pour que je voie
L’étendue des dégâts d’une telle abstinence.
Remuez-le bien en cadence
Et positionnez-vous sur mon fameux divan.
Bombez, bombez bien le séant.
Déjà le petit trou mignonnet m’interpelle.
J’adore les anus qui ne sont pas rebelles.
Aussi vous enculé-je à sec, ainsi qu’il sied
Pour que vous preniez votre pied.

Notre catherinette a repris des couleurs.
Elle sourit, chantonne, entrevoit le bonheur :
- Oh, docteur, se peut-il qu’une seule séance
M’ait déjà redonné confiance ?
- Oh, ce n’est qu’un début ! Il faudra revenir
Pour éviter une rechute.
Disons, cinq fois par mois pour enfin vous guérir.
Quelques piqûres de turlutte,
Bien vous garnir le vol-au-vent
Vous bourrez l’estomac au yaourt de printemps.
Et vous redeviendrez pleinement une femme.
- Je vous devrai combien, Docteur, pour ce dictame ?
- La souffrance a son prix : disons 200 euros
Je ne vous compte là que votre mal au dos.

Léon Bauprac