COCORICO

 

Si nous faisons "Cocorico",

Dans notre beau pays de France et d'Outremer,

Du pinard et du Camembert,

Là même où s'écrivit la belle Histoire d'O

(Oui, je sais qu'il y a les dictées de Pivot)

C'est que nous dominons de la tête et du reste,

(Épargnez-moi quelque dessin)

Ces pays étrangers qui toujours nous contestent

Notre supériorité.

Si les sports verticaux nous méprisent en vain

(Nous sommes toujours bon dernier)

L'horizontalité nous redonne confiance

Car la bourse au pénis fiance,

Le rêve au rêve et la flûte au corps.

Par miracle, il advient que de jolies jeunesses

Seins plats et magnifiques fesses

Décrochent pour la France une médaille d'or.

L'une d'entre elles, dans ce sport

(Où la course l'emporte, hélas, sur la cervelle),

Moitié guépard, moitié gazelle,

Montra qu'elle pouvait tripler ce bel exploit

En donnant à la France, à défaut d'un grand roi,

Une surprenante déesse.

Hélas, trois fois hélas,

(Il en va ainsi des prouesses)

Nous excellons aussi dans certain élevage

Où les dindes au charmant plumage,

Dans le marché européen,

Obtiennent un label quasiment olympien.

Et qu'elle ne fut pas notre déconvenue,

Lorsque notre belle Lucinde,

Accent créole, tête vide, regard nu,

Nous avoua qu'elle était d'Inde !

Texte Paul CARBONE / Illustration Réné BOUSCHET