HORREURS DE JEUNESSE L'Education Nationale, toujours à l'extrême pointe du progrès, vient de proposer aux élèves de Seconde (France et Navarre comprises) un texte "Horreurs de jeunesse", truffé de fautes, d'oublis, de coquilles, douze dans une même page : un vrai plaisir ! But : évaluer, dans le cadre des chers Modules, le niveau de cancratisation française des lycéens qui cocoricotent dans le Second Cycle. D'aucuns croiront qu'il s'agissait de corriger lesdites fautes ! Nenni : on ne les avait pas vues ! D'où le ramdam chez les profs, toujours aigres, crêtés sur leur savoir intangible, pas un doigt d'humour - et le même doigt sur la couture du pantalon dès qu'il s'agit d'obéir aux injonctions nationales. Bref, l'horreur ! Horreur de jeunesse, horreur des profs (qui, sur le web, n'en continuent pas moins de coquiller à longueur de phrases) et horreur du cabinet royal, Ségolène, Claude, Michel et les autres qui assument la responsabilité de "cette connerie".(1)
Connerie sympathique, puisqu'elle aura fait rire au moins quelques mécréants, et permis de rappeler - aux lugubres et aux sinistres - que l'erreur est divinement humaine et que les Olympiens doivent réviser leur copie. Révision rapide, faxée à tous les recteurs, illisible autant que l'original, avec pour seul recours le vrai, le seul, l'unique, celui que Le Monde de l'Education a publié, là même où Gazotte s'appelle Cazotte et où "vraissemblable" ne prend qu'un "s".
Il y a quelques années, lorsque les modules ont vu le jour, c'était déjà la franche rigolade (lire à ce propos : La vie des charançons deviendra poétique de Corinne Bouchard). Jamais on n'avait tant jargonné pour nous convaincre que la remédiation du débile mental va changer le monde ! Que les actants n'avaient qu'à bien se tenir et que les cellules blanc-gris allaient virer au noir absolu en quarante-cinq minutes chrono ! Quant au logiciel EVAREM, (évaluation/remédiation ?) dont nous avons déjà quelque peu parlé, c'était la cerise sur l'encéphale : il mesurait la connerie humaine en couleur ! Tu apprenais d'un coup que les élèves se partagent en quatre groupes distincts : les nuls, les moins nuls, les moyens/médiocres et les cracks. Simplement, au lieu de soupeser le poids infinitésimal des connaissances, tu testais la génétique du mec. Conclusion : on agirait directement sur les chromosomes. Crick et Watson enfoncés ! Tout et tous dans l'hélice double de l'ADN ! L'idée, qu'elle était géniale, allait permettre aux profs ignorants de tuer la "connerie" dans le jaune d'oeuf éducatif. Et donc, rien à craindre que, plus tard, inspecteur, ministre ou ministresse, il nous en ponde une de grosse taille.
La preuve !
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(1) Des tests de Francais truffés de fautes, par PAUL QUINIO

Dessin de René Bouschet
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